L’école commence à 9 heures et se termine à 13 heures, du lundi au vendredi. Cet horaire inclut le temps du déjeuner, gratuit pour tous. L’après-midi, les vingt et un élèves rejoignent leurs plus jeunes camarades du jardin d’enfants. Voici donc le “Cours Préparatoire” finlandais :

Comme au jardin d’enfants, la “classe” occupe plusieurs salles entre lesquelles les enfants circulent librement.
La différence est qu’ils disposent en plus d’une grande table et de matériel scolaire : d’un classeur avec leurs travaux, de quoi écrire, découper et coller. Une éducatrice, Leea Isotalo, me montre un fichier qui a été apporté par un enfant venant d’une autre ville. Elle précise qu’à Arabia ces fichiers ne sont pas utilisés. La démarche des enseignants consiste à susciter des désirs chez les enfants.
Leea a lu aux enfants une histoire, Joen Laulu — la chanson de la rivière. Les enfants ont accroché. Ils ont appris les chansons, ils ont dessiné les personnages, ils ont fabriqué les marionnettes puis les décors.
Au bout du compte, ils la présenteront en public le 6 juin, à l’occasion de la Fête de l’été.
Comme les autres enseignants d’Arabia, Leea conçoit son rôle comme étant d’organiser le cadre dans lequel évoluent leurs élèves. À ces derniers de réagir et de prendre des initiatives. Les adultes ne sont pas là pour les tirer, les pousser, les trainer. Les écoliers finlandais apprennent d’emblée qu’ils n’ont pas à attendre passivement et à obéir, mais que c’est à eux d’agir.
Leea me montre un grand placard : « Initialement, c’était un placard de rangement. Nous avons remarqué que des enfants aimaient s’y cacher. Alors, nous l’avons vidé et y avons installé une petite table et quelques chaises, ainsi que tous ces filets et ces tissus qui tombent du plafond et qui lui donnent un aspect mystérieux… »
À onze heures, séance musicale pour tout le jardin d’enfants : trois filles et un garçon ont préparé depuis quelques jours un spectacle. C’est l’occasion de constater qu’ils ont écrit leur programme et qu’ils s’en servent… →
Avant le déjeuner, Leea Isotalo aborde PISA, sans savoir que c’est justement PISA qui m’a conduit en Finlande : « Si nos jeunes obtiennent de meilleurs résultats à PISA, c’est surtout à cet âge que nous les obtenons ! »
À quinze ans, les jeunes Finlandais ont entre un an et demi et deux ans d’avance sur les Français du même âge en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences. Je suis tenté de croire, comme Leea, que beaucoup se joue très tôt.
