Je ne peux pas être certain que la professeure n’ait pas traduit ma question par : « Vous aimez Noël gros comment ? », mais j’en doute.
Partout où je suis allé, la plupart des élèves ont pu répondre, après un temps de réflexion, à cette autre question : « Dis-moi trois choses que tu aimes à propos de l’école. » Par contre, peu ont réussi à répondre complètement à la question opposée, « Dis-moi trois choses que tu n’aimes pas à propos de l’école. », même après avoir sollicité leurs copains, ce qui entrainait de grandes discussions (incompréhensibles pour moi !)
Mon sondage n’a d’autre valeur que d’illustration. Ce que les élèves finlandais que j’ai interrogés apprécient, ce sont les amis, la nourriture, les professeurs, la classe et les autres élèves. La seule chose qui ait été citée plusieurs fois dans ce qu’ils n’aiment pas, c’est la nourriture. Les autres réponses ont été très dispersées. Un point n’a jamais été mentionné, la plaie des écoles françaises : l’ennui.
Pour les enfants finlandais, l’école commence à six ans avec une année de scolarisation pré-élémentaire dont les journées durent quatre heures au maximum. Il n’y a pas de leçons à proprement parler, mais de grands champs sont abordés : la langue maternelle et les interactions sociales, les mathématiques, l’éthique et la philosophie, l’environnement, la santé, le développement moteur, l’art et la culture [1]. Si des enfants sont prêts, ils peuvent apprendre à lire individuellement dès cet âge. Avant six ans, ils jouent.
L’école élémentaire commence à sept ans et tous les enfants poursuivent des études identiques pendant neuf années, jusqu’à l’âge de quinze ans.
Beaucoup d’enfants se rendent à l’école à vélo. Les horaires étant variables d’une classe à l’autre, cela leur permet d’être indépendants. Des pistes cyclables doublent systématiquement les routes dans les zones habitées.
D’autres y vont en minibus ou en taxi, soit parce qu’ils habitent trop loin, soit parce qu’ils ont peur des loups (dans le nord et dans l’est du pays). Il n’y a pas de grands cars scolaires parce que les horaires des classes sont trop épars. Le transport est gratuit pour les familles tant qu’elles inscrivent leurs enfants dans l’établissement le plus proche de leur domicile.
À l’école, les enfants circulent comme à la maison, en chaussettes. Les rapports entre eux et avec les adultes sont détendus. Ils tutoient leurs professeurs (on me l’a dit) et les appellent par leur prénom (je l’ai entendu).
Pendant les récréations, ils peuvent jouer dehors ou rester dans les couloirs, voire en classe.
J’ai eu la curiosité d’aller voir ce que les élèves faisaient en classe pendant une récréation. Certains ont vite effacé le tableau en riant en me voyant arriver. D’autres poursuivaient la leçon de mathématiques…
Dehors, il y a des jeux.

- Récréation à Helsinki
- Au loin, dans le bois, des marques jaunes sur des troncs indiquent les limites de la “cour”.
Le déjeuner est le repas principal en Finlande. À l’école, il est gratuit pour tous les enfants. Je qualifierais la nourriture du terme anglais d’“adequate”.

À Muhos, en raison des travaux, les élèves déjeunaient dans leurs classes et les enseignants dans la salle des professeurs. Encore une fois poussé par la curiosité, je suis allé voir comment ça se passait. Eh bien, on ne peut mieux ! Une élève était légèrement gênée de s’être installée au bureau de la professeure…
À la reprise des cours, on ne pouvait pas se douter que la classe avait servi de réfectoire.
Une des raisons pour laquelle la plupart des élèves finlandais se sentent bien à l’école, c’est que cette dernière s’adresse à toutes les intelligences des enfants. Par exemple, dès l’école primaire, tous apprennent à se servir d’outils et de machines.
Difficile dans ces conditions de ne pas y trouver son compte… Vous aimez l’école gros comment ?
