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Finlande : pratiques pédagogiques

samedi 6 décembre 2008, par Rémi Castérès

(Cet article fait suite à  Finlande : des équipements à la hauteur.)

Les Finlandais accordent la plus grande importance à la pédagogie.

Minna Palovaara enseigne à la classe de cinquième année, à l’école primaire Korivaara de Muhos — ce qui correspond à notre sixième.

Voici l’emploi du temps de ses élèves, valable pour la première moitié de l’année scolaire 2008-2009 :

LundiMardiMercrediJeudiVendredi
8 h - 9 h Travail manuel Sport Sciences
9 h - 10 h Travail manuel Sport Musique
10 h - 11 h Math Math Biologie Anglais Sport
11 h - 12 h Langue Histoire Math Histoire
12 h - 13 h Biologie Langue Religion Langue
13 h - 14 h Anglais Langue Art Math
14 h - 15 h Math Art

Ce qui fait un total de 25 séquences d’une heure, dont 6 avec d’autres enseignants. Chaque séquence comprend trois quarts d’heure d’étude suivis d’un quart d’heure de pause. En milieu de journée, deux récréations sont regroupées pour le déjeuner.

Et voici l’emploi du temps de Minna :

LundiMardiMercrediJeudiVendredi
8 h - 9 h Math (4e) Travail manuel Langue (3e)
9 h - 10 h Anglais (3e) Langue (3e) Travail manuel Anglais (4e) Art (3e et 4e)
10 h - 11 h Math Math Biologie Anglais Art (3e et 4e)
11 h - 12 h Langue Histoire Math Histoire Anglais (3e)
12 h - 13 h Biologie Langue Anglais (4e) Langue Options (6e)
13 h - 14 h Anglais Langue Art Math
14 h - 15 h Math Art

Ce qui correspond à 29 heures, dont 10 dans d’autres classes (la 3e année correspond à notre CM1, la 6e année à notre cinquième de collège). La préparation des leçons, la correction des tests, la correspondance avec les parents prennent encore une dizaine d’heures par semaine.

Pendant les nombreuses pauses, Minna retrouve ses collègues dans la salle des professeurs pour boire un café, bavarder, répondre à ses emails, lire le journal, voire même… échanger à propos du travail !

Organisation pendant la pause de midi. Minna explique que certains de ses élèves n’ont pas compris une notion en mathématiques. Une solution est trouvée : Ilkka, le directeur, s’occupera des meilleurs pendant que Minna retravaillera cette notion.

Que ce soit dans sa classe ou dans d’autres, les séquences de travail sont donc courtes et denses. J’ai pourtant toujours eu l’impression qu’on prenait son temps. Si j’ai bien repéré « Hyvä ! » qui signifie « Bien ! », je n’ai pas remarqué les équivalents finlandais de « Chut ! », « Vite ! » ou « Taisez-vous ! »

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Le rétroprojecteur est très utilisé. Il s’avère très pratique pour montrer l’utilisation du rapporteur.
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Des élèves lisent un dialogue.

Des activités variées se succèdent rapidement : leçon magistrale, classe dialoguée, travaux par petits groupes, exercices écrits, lecture du manuel, écoute d’un disque, visionnage d’un docu- mentaire… Je n’ai pas été témoin de ces longs tunnels mortifères qui plombent les cours français — discours interminable du professeur, corrections qui s’éternisent. Au total, les écoliers finlandais passent moins de temps en cours que les élèves Français, mais ce temps est utilisé plus efficacement.

Les élèves disposent pour chaque matière d’un manuel et d’un livret d’exercices. Les manuels sont récents ; les plus anciens que j’ai feuilletés dataient de 2003, sauf celui de français qui n’a pas été réédité depuis 2000, faute d’une demande suffisante. J’ai pu me faire une idée de leur qualité en parcourant des livres d’anglais, de français, de géographie, d’histoire et de sciences. Les illustrations sont évocatrices, les cartes sont claires et exactes. Surtout, le contenu est adapté à l’âge des enfants auxquels ils s’adressent. D’une part, un énorme effort a été fait pour que les notions présentées soient compréhensibles par les jeunes lecteurs. D’autre part, les auteurs ont cherché à susciter l’intérêt des enfants en s’adressant à leurs préoccupations. Ainsi, un manuel d’histoire pour les enfants de dix ans consacre une page à Bucéphale dans la leçon sur Alexandre le Grand — les Finlandais adorent les chevaux. Autre exemple, un chapitre d’un manuel d’anglais pour les jeunes de quatorze ans s’intitule “dating disasters” et raconte des rendez-vous catastrophiques, comme celui de ce garçon et de cette fille qui se sont emmêlés leurs appareils dentaires en s’embrassant pendant une danse…

Les professeurs disposent d’un manuel du maitre facile à utiliser. La partie inférieure reprend le livre des élèves. Au-dessus, il y a des indications pour la conduite de la leçon, des textes à lire, la correction des exercices. Cela réduit de toute évidence le temps de préparation des leçons et cela facilite les remplacements éventuels. Il est donc indispensable que ces manuels soient efficaces et adaptés à leur public pour que les professeurs aient envie de les utiliser — je n’ai jamais eu ce désir avec les manuels pour l’école primaire publiés en France.

Les élèves écrivent sur un cahier ou directement sur leur livre d’exercices. Curieusement, les cahiers sont identiques de l’école primaire au lycée, avec un quadrillage 5x5 et sans marges. Je n’ai vu aucune annotation de la part des professeurs sur ces cahiers.

Entraide pendant une leçon de géométrie. Les élèves se réfèrent souvent à leur manuel pour réaliser les exercices. Ils peuvent s’entraider ou se faire aider par leur professeur. Le seul but, c’est d’apprendre.

Correction d'exercices d'anglais. Quand ils ont terminé, les élèves vérifient eux-mêmes leurs réponses sur le manuel du maitre.

Pour en revenir à elle, Minna Palovaara étudie une semaine par mois à l’université de Kokkola afin de devenir enseignante spécialisée. Cette formation plus poussée l’amène dès maintenant à une réflexion plus poussée sur ses pratiques. La première fois que j’ai vu sa classe, les bureaux étaient alignés les uns derrière les autres.

Favoriser la communication entre les enfants. Quelques jours après, les tables avaient été regroupées par quatre dans l’intention de favoriser la communication entre les enfants.

La réflexion pédagogique continue…

Lire la suite : du côté des élèves

9 Messages de forum

  • Finlande : pratiques pédagogiques 14 mai 2009, par Jean-Claude S.

    Bonjour, depuis que je suis à la retraite, j’enseigne dans des écoles supérieures de commerce en France, en Finlande, aux Etats-Unis et au Maroc (niveau bac+5). Mes cours sont interactifs et impliquent à tout moment tous les élèves. En France, les étudiants sont passifs. "Vous essayez de nous faire parler et participer alors que pendant dix-huit ans on nous a appris à nous taire dans l’école française". Dans les autres pays, c’est la situation inverse. Je passe le plus clair de mon temps à "modérer" la classe, à permettre à chacun de s’exprimer, car tout le monde participe naturellement et veut la parole. Et ils ont des choses intéressantes voire passionnantes à échanger. C’est un enrichissement permanent pour les étudiants et…pour moi. J’ai arrêté cette année de donner des cours en France. Je m’éclate trop ailleurs !

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    • Finlande : pratiques pédagogiques 31 décembre 2009, par Marie-Thérèse Arzelier

      Bonjour ! Depuis que je suis à la retraite, j’essaie de trouver le moyen d’intervenir auprès des enseignants et de diffuser LE bouquin qui donne la possibilité de faire progresser très vite et même "réussir" TOUS les enfants, grâce à une démarche, des techniques de travail, et des attitudes simples et ceci dans toutes les classes, pour tous les programmes. Les enfants sont tous actifs et HEUREUX, avec leurs enseignants. La france ne réagit pas à mes appels, personne n’y croit !!! Je vous envie de pouvoir vivre ceci ailleurs. Mais comment faire pour contacter le système éducatif à l’étranger ? MON SITE sur Google uniquement : vivrelecole.com

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      • Personne n’y croit ! 1er janvier 2010, par Rémi Castérès

        Ce que je peux vous proposer, c’est que j’aille visiter une classe ou une école qui fonctionne suivant vos recommandations, comme je l’ai fait en Finlande ou à Villeneuve d’Ascq. La publication d’un témoignage extérieur donnerait du poids à vos affirmations, encore que cela ne changerait guère la difficulté qu’il y a à réformer notre système éducatif.

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      • Finlande : pratiques pédagogiques 3 mai 2010, par Sophie REYNOUARD (49)

        bonjour, instit, je suis bien sûr passionnée par tous vos propos mais je n’arrive pas aller sur le site de Madame Arzelier. Existe-t-il encore ? merci beaucoup

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        • Finlande : pratiques pédagogiques 12 mai 2010, par Arzelier

          Bonjour Sophie, mon site ne peut être joint pour le moment sauf si vous cliquez sur "page en cache", vous n’aurez que le texte. Je vais faire en sorte de réparer rapidement.. Vous pouvez me contacter au 06 14 32 82 23. M.Th.Arzelier

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  • Finlande : pratiques pédagogiques 19 mai 2009, par Roger T.

    A mon sens, le principal problème en France est la lourdeur des programmes héritée d’un long siècle de tradition sélective. Ne surtout pas ralentir le rythme sinon les meilleurs élèves s’ennuieraient ! C’est la réussite individuelle qui est visée. Alors qu’en Finlande (mais aussi au Canada, en Nouvelle-Zélande,…), et on le perçoit bien à travers tous les témoignages présents sur ce site, c’est l’épanouissement de chacun dans le collectif et la circulation du savoir dans le groupe qui priment. Durant la scolarité obligatoire, les connaissances y sont accessibles par le plus grand nombre et directement transposables dans la "vraie vie", ce qui donne un véritable sens aux apprentissages et une réelle motivation chez tous les élèves. Pour la plus grande réussite de tous.

    Je ne crois pas du tout à une révolution copernicienne dans la structure de notre système éducatif. Trop de pesanteurs, à tous les niveaux, y compris chez nous, les profs, empêchent notre système éducatif de s’approcher un tant soit peu de ces exemples.

    Par contre, nous pouvons, chacun dans notre classe ou collectivement dans notre établissement, décidé de ralentir enfin le rythme infernal que nous faisons subir à nos élèves, surtout les plus en difficulté. En décrétant, par exemple, que le premier trimestre soit uniquement réservé à la consolidation des connaissances antérieures. En laissant le temps aux élèves de s’entraider sur des notions clés et en réalisant des projets sur de vraies situations de communication (orale ou écrite).

    Laissons les savoirs scolaires les plus inutiles, au passé. Combien d’adultes, y compris les plus "mûrs", sont-ils capables de repérer une conjonction de coordination ou un verbe conjugué au futur antérieur dans une phrase ? Combien d’adultes effectuent encore "à la main" une division à deux chiffres au diviseur ? C’est pourtant au programme du CM2.

    Nous passons beaucoup trop de temps à enseigner des connaissances éphémères et nous nous consacrons bien peu à l’essentiel. Si nous voulons un temps soit peu nous rapprocher de la réussite de l’enseignement finlandais, il faudra, je crois, en passer par là.

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    • Finlande : pratiques pédagogiques 20 mai 2009, par Roger T.

      A la relecture : "un tant soit peu"

      …au temps pour moi !

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    • Finlande : pratiques pédagogiques 21 mai 2009, par sylvelie

      Je suis tout à fait d’accord avec cette analyse. Ayant vécu à Totonto en tant que collégienne, j’adorais mes cours. Plus tard à Montréal, j’étais surmotivée car lors des cours (séminaires) on nous demandait de participer (la note comprenait notre particiption 20 à 30%) les professeurs, même les plus brilants (ma prof parlait + de 5 langues) se mettaient à notre hauteur, ils étaient enthousiastes sur nos objets de recherche, et leur facon de faire le cours me donnait envie d’en faire plus !Bref… comme j’ai été vite decue lorsque je suis revenue faire mon master en France : le premier cours a commencé par "GRAND I, titre 1 petit A : etc …" avec aucune interactivité…

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    • Finlande : pratiques pédagogiques 9 mars 2010, par charlotte

      Bonjour à tous. Je suis une étudiante en première année de sociologie, et je fais un dossier sur les pratiques pédagogiques dites nouvelles. Est-ce qu’il serait possible d’avoir vos adresses emails afin de vous contacter par rapport à mon projet ? Merci !

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