Écoles
Accueil du site > L’école ailleurs > Finlande > Finlande : un investissement humain massif en faveur de l’éducation

Finlande : un investissement humain massif en faveur de l’éducation

mercredi 26 novembre 2008, par Rémi Castérès

(Cet article fait suite à  Finlande : visites surprises à Padasjoki.)

Après deux semaines passées dans les écoles finlandaises, si je ne suis plus étonné par la réussite de leurs élèves aux évaluations internationales, je reste stupéfait par l’ampleur de l’investissement humain.

Selon l’INSEE, il y avait en France en 2005, 19 élèves par enseignant dans le primaire et 12 dans le secondaire. Il est bien évident que la réalité des classes en est loin, surtout dans les lycées et collèges.

En Finlande, ces nombres étaient de 16 pour le primaire et de 14 pour le secondaire. J’ignore comment c’est calculé, mais la différence avec la France est que cela correspond effectivement avec ce que j’ai pu voir dans les classes. Qu’on en juge :

Nombre d’élèves présents
Lieu Âge Cours Nombre Adultes supplémentaires
Helsinki 9 - 10 ans Technologie 12 élèves
Helsinki 7 - 8 ans Élèves à besoins
particuliers
10 élèves un assistant
Vantaa 13 - 14 ans Français 17 élèves
Vantaa 13 - 14 ans Anglais 11 élèves
Helsinki 10 - 11 ans Géographie 9 élèves
Helsinki 10 - 11 ans Lecture 21 élèves une bibliothécaire,
deux enseignantes
de finnois
pour les étrangers
Helsinki 10 - 11 ans Dessin 10 élèves un assistant
Muhos 15 - 16 ans Finnois
Biologie
Physique
Orientation
21 élèves
Muhos 9 - 10 ans Anglais 10 élèves
Muhos 10 - 11 ans Mathématiques
Anglais
13 élèves
Muhos 7 - 8 ans Musique 11 élèves
Muhos 10 - 11 ans Histoire 15 élèves
Muhos 8 - 9 ans Sport
Finnois
11 élèves

Les enseignants sont compétents. Ils sont recrutés après un entretien et une discussion entre plusieurs candidats sur une question ayant trait à l’éducation. Ensuite, la formation pédagogique de base dure au moins quatre ans à l’université et se termine par une thèse.

Minna PalovaaraCelle de Minna Palovaara portait sur la communication entre les Finlandais. Pendant ses études, Minna a aussi approfondi trois spécialités : l’anglais, l’éducation interculturelle et l’éducation spéciale. Ce dernier choix lui a permis, après sept ans d’expérience, de reprendre une formation plus poussée pour devenir enseignante spécialisée. Elle se rend une semaine par mois à Kokkola pour y suivre cette formation, qu’elle estime excellente. Les frais de transport et d’hébergement sont à sa charge et elle n’est pas payée pendant cette semaine. La moitié des vingt enseignants qui suivent la même formation le sont, les autres non ; cela dépend des autorités locales dont ils relèvent. Minna sera diplômée en mai prochain. Son salaire sera augmenté et elle devrait s’y retrouver.

Tous les enseignants que j’ai interrogés sont satisfaits de leur profession et de leurs conditions de travail. Ils en sont même fiers et aucun ne voudrait changer de métier.

Päivi Rinkinen aide un élève.Des assistants les aident autant que nécessaire. Par exemple, pendant une leçon de dessin, la tâche est de dessiner un visage dissymétrique, avec une moitié gaie et l’autre triste. Pendant toute la leçon, Päivi Rinkinen va aider un élève particulier à se représenter la tâche et à l’exécuter — bien que cette classe ne compte que dix élèves.

Selon les besoins, divers spécialistes sont sollicités. Un nombre important d’enfants immigrés fréquentent l’école primaire “Roihuvuoren ala-aste” d’Helsinki. Aussi celle-ci dispose de deux professeurs de finnois - langue étrangère et d’un professeur de somali. Un orthophoniste et une ergothérapeute interviennent également.

Dans les écoles secondaires, un conseiller d’orientation est disponible pour tous les élèves, particulièrement lors de la neuvième année, fin de l’éducation fondamentale commune à tous les Finlandais.

Aaro, conseiller d'orientation à Muhos Aaro est le conseiller d’orientation de l’école secondaire de Muhos. Il vient de faire le bilan avec les élèves de la visite, la semaine précédente, d’une école de mécanique automobile. À la fin du “cours”, quatre jeunes filles lui demandent d’organiser pour elles la visite d’une école d’Oulu. Il note leurs coordonnées pour les prévenir quand il aura fixé le rendez-vous.

On le voit, les professeurs finlandais ne sont pas livrés à eux-mêmes quand ils rencontrent des difficultés. Cela leur confère une sérénité d’autant plus grande qu’ils n’ont pas besoin de sauver les apparences devant des inspecteurs qui, là-bas, n’existent pas. De fait, alors que tant de professeurs français récriminent contre leurs élèves, j’ai toujours entendu les enseignants finlandais tenir des propos amènes à propos des leurs.

2 Messages de forum

  • Bonjour,

    Je suis étudiante. J’aimerais avoir plus d’informations sur les assistants qui aident les professeurs dans leur classe.

    - Assistant, est-ce un métier ?
    - sont-ils présents dans toutes les écoles finlandaises ?
    - Sont-ils présents également dans le lycée ou au delà du tronc commun ?
    - y a-t-il des cours de remédiation organisés une fois la matière vue ou cela est inutile puisqu’un assistant repère les difficultés des élèves et les traitent sans attendre un échec…

    Répondre à ce message

    • Assistants 26 septembre 2010, par Rémi Castérès

      Assistant est bien un métier. J’ai vu des assistants dans toutes les écoles, même à la campagne.

      Après une journée passée à l’école du village de Sammatti, je cherchais la directrice. Une assistante m’a répondu :
      — Elle est déjà partie. Est-ce que je peux vous aider ?
      — Je voulais lui demander si vous aviez des manuels scolaires en trop, que je pourrais rapporter en France…
      — Heureusement que vous êtes tombé sur moi ! Elle n’aurait pas pu vous dire lesquels ! Venez, vous allez choisir.

      Cette anecdote pour montrer que les assistants sont aussi codirigeants de leur école.

      Pour vos deux dernières questions, je demande à une professeure finlandaise de vous répondre.

      Répondre à ce message

Répondre à cet article

5 visiteurs en ce moment

| Plan du site | Suivre la vie du site RSS