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L’école en Corée

mardi 16 février 2010, par Rémi Castérès

Dans un texte récent, la sociologue Nathalie Bulle affirme qu’une conséquence de PISA est que les pays « adoptent progressivement des conceptions communes des objectifs éducatifs et des solutions à adopter. »

Selon elle, « la standardisation du discours éducatif et des solutions préconisées conduisent les nations à adopter progressivement une compréhension commune des “meilleures pratiques” et à implémenter des politiques similaires au point que ces dernières revêtent un caractère d’“inévitabilité”. »

Je me suis intéressé à PISA parce que je me posais la question de savoir si ce que je faisais dans mon école, et qui réussissait bien, avait un rapport avec ce qui fonctionnait dans d’autres pays. Je suis allé dès 2003 dans une école au Japon et, depuis que je suis retraité, dans plusieurs écoles finlandaises et japonaises. Je constate que ce qui donne de bons résultats scolaires suit des chemins très différents et je ne vois ni standardisation ni même convergence dans les pratiques. L’école en Corée en est un exemple supplémentaire.

Que monsieur Xavier Darcos ait utilisé les résultats de PISA pour justifier sa politique de restrictions au nom de bonnes pratiques est une chose. Il a ainsi pris à contrepied les pédagogues français qui se désintéressent de ce qui se passe en dehors de leur sphère culturelle. Qu’il ait été sérieux en est une autre ; nous le saurons bientôt, avec la publication des résultats de la quatrième enquête PISA.

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Lors de la dernière évaluation PISA (2006), la Corée a fait jeu égal avec la Finlande en compréhension de l’écrit et en mathématiques ; elle occupe une position intermédiaire entre la Finlande et la France pour la culture scientifique. D’où mon intérêt.

J’ai été stupéfait de voir comment ça se passe dans les écoles finlandaises. Je suis tout autant stupéfait par l’éducation en Corée.

Je précise tout de suite que je n’ai pas pu entrer dans une école coréenne. Les réticences sont extrêmes et cela semble plus que difficile. Je n’ai pas voulu suivre de circuit officiel, afin de ne pas courir le risque de visiter une école Potemkine.

J’ai cependant pu mener à distance une enquête auprès d’enseignants du primaire, de collèges et de lycées, sous couvert d’anonymat pour la plupart.

La Finlande et la Corée ont au moins un point commun : ce sont deux pays pour lesquels la défense de la culture est une question de survie. Toutes deux ont été colonisées et menacées dans leur existence même au vingtième siècle, la Finlande par la Russie, la Corée par le Japon.

La Corée est un pays essentiellement montagneux et pauvre en ressource naturelle, avec une densité de population quatre fois supérieure à celle de la France métropolitaine.

En septembre 1953, date de l’armistice, c’était un pays sous-développé et ravagé par la guerre. Libérés du système de castes, libérés des Japonais, les Coréens vont tout faire pour donner un enseignement correct à leurs enfants. Cinquante ans après, leur pays fait partie des plus développés.

Initialement, les Coréens entraient au collège, au lycée et à l’université par examen d’entrée. Cela a rapidement entrainé un classement et une hiérarchisation des établissements selon leur qualité et leur réputation. Les examens d’entrée se déroulaient par vagues successives, la première vague étant celle des meilleurs établissements. Après la publication de leurs résultats d’entrée, c’était au tour de la vague suivante. La compétition est devenue de plus en plus dure pour accéder aux meilleurs établissements.

En 1972, le gouvernement militaire a décidé de rétablir l’égalité des chances : il a décidé de sectoriser les écoles. Aujourd’hui encore, la plupart des établissements scolaires fonctionnent selon ce principe d’égalité entre eux.

Beaucoup de Coréens ont considéré que l’égalisation faisait baisser le niveau. Ils ont réagi de deux façons : d’une part, en déménageant, pour que leurs enfants puissent être inscrits dans ce qu’ils considéraient toujours comme les meilleures écoles. D’autre part, en les inscrivant dans des cours particuliers qui se sont transformés en véritable école parallèle.

Aujourd’hui, 84% des Coréens fréquentent les universités. Ces dernières sélectionnent toujours par un examen d’entrée. La totalité du système scolaire coréen est focalisé sur ces examens d’entrée, même pour les enfants qui n’ont pas le désir de faire des études universitaires.

Rejoindre une des meilleures universités a des conséquences importantes. Cela assure les meilleures positions sociales, d’autant qu’il y a solidarité entre les sortants de la même université.

Les conséquences de cette compétition pour accéder à la meilleure université sont déterminantes.

- D’abord, les Coréens ont deux journées de classe successives, la première dans les écoles telles que nous les connaissons, puis ils enchainent vers 18 heures avec l’enseignement privé parallèle. Le gouvernement coréen a récemment interdit que les cours se prolongent au-delà de minuit [1].

Pour avoir une idée de ce que cela représente dans l’emploi du temps des adolescents, je vais prendre l’exemple du lycée-internat de Wonju. Les élèves étant internes, ils ne fréquentent pas d’école parallèle. Le lycée leur fournit et l’enseignement “normal” et l’enseignement parallèle.

Les lycéens se lèvent à 5 h 50. Leurs cours commencent à 7 h 20 et durent jusqu’à 12 h 30, soit près de 5 heures. L’après-midi, ils reprennent de 13 h 20 à 16 h 10, soit presque 3 heures. En soirée, cela recommence à 19 h et dure jusqu’à minuit, soit 5 heures. Cela représente des journées de classe de presque 13 heures.

Le dimanche et les jours fériés, c’est la grasse matinée avec un réveil à 8 h 30. Par contre, le travail s’arrête aussi à minuit, comme les autres jours. Un dimanche par mois est libre et les élèves peuvent retourner dans leur famille.

- Cet effort inhumain a des répercussions sur la santé. Un adolescent a besoin d’au moins neuf heures de sommeil. En Occident, on s’alarme de la réduction du temps de sommeil due à l’utilisation abusive des nouvelles technologies et qui se manifeste par des problèmes de fatigue, d’attention, par de la dépression. On est pourtant loin de la Corée où c’est l’institution elle-même qui prive les jeunes de sommeil, avec moins de six heures par nuit ! Ce manque de sommeil est nocif pour les apprentissages.

Cela n’empêche pas les professeurs de considérer qu’ils n’ont pas le temps d’aider les élèves en difficulté : « Si un élève est en retard dans plus d’une matière, il est extrêmement difficile de faire quelque chose par manque de temps considérable. »

Normalement, m’écrit un professeur, il n’y a pas de devoirs à faire après les cours parallèles, « faute de temps pour cela ». Mais cela arrive quand même parfois, « pour savoir ce qu’ils savent faire ».

- Le cout de l’enseignement parallèle est énorme. À Séoul, les prix varient de 6 000 à 20 000 euros par an mais peuvent atteindre 50 000 euros pour les plus chers. Cela représente souvent la moitié du budget des familles.

- La vie de la famille s’articule autour de ce système d’enseignement. Un cours supplémentaire n’étant pas suffisant, il faut souvent courir d’un cours privé à l’autre. La logistique doit être assurée par la maman, à tel point que lorsqu’il y a un enfant en terminale, la famille doit vivre toute l’année comme si elle était en guerre, la mère s’occupant de cet enfant très tôt le matin jusqu’à tard dans la nuit.

- Beaucoup de familles se séparent : le père travaille seul en Corée et finance, la mère et son enfant (plus rarement ses enfants, le taux de natalité étant très bas) partent à l’étranger. Cette solution ne revient pas plus cher que la poursuite des études en Corée.

- La pédagogie dans l’enseignement “normal” est déterminée par l’enseignement parallèle. Au lycée, les enseignants vérifient que les élèves ont bien compris ce qu’ils ont appris avant dans l’enseignement parallèle et réexpliquent seulement ce qui n’aurait pas été bien assimilé. Les élèves qui ne fréquentent pas l’enseignement parallèle sont largués : « Nous n’avons pas le temps de résoudre leurs problèmes. » Des cours complémentaires sont donnés pour ceux qui n’ont pas les moyens financiers de suivre l’enseignement parallèle mais ils sont inefficaces et plutôt considérés comme des alibis.

- Le système garantit la reproduction sociale car ce sont les enfants des familles riches qui ont les meilleurs cours privés et qui entrent dans les meilleures universités. Les résultats scolaires sont directement corrélés à la richesse de la famille.

- Psychologiquement, la concurrence effrénée est dévalorisante. Malgré tous leurs efforts, malgré le sacrifice de leur vie, les enfants et les adolescents ne sont pas à la hauteur des attentes placées en eux. Les effets sont dévastateurs et peuvent conduire au suicide, même d’enfants à l’école primaire.

- Le rejet de ce système se traduit par des actes de délinquance en classe et hors de la classe.

- Les enseignants de l’enseignement “normal” ne se sentent guère mieux que leurs élèves. Pour la plupart, leur but est de faire progresser leurs élèves, de les faire réfléchir, de les humaniser. L’important, c’est de « se plaire dans la science plutôt qu’apprendre la science » m’écrit une professeure de collège. Mais la société leur demande exclusivement de hiérarchiser les élèves et ils souffrent de ce conflit entre ce qu’ils voudraient faire et ce qu’ils font.

La population n’a pas confiance dans l’enseignement public.

À la lecture des rapports PISA, j’avais cru que le système éducatif coréen était performant. Si on considère son cout (la moitié des revenus des ménages en plus des dépenses de l’État) et le temps consacré par les élèves (trois fois plus qu’en France en première approximation), c’est un système inefficace. Après y avoir sacrifié leur vie, les Coréens de quinze ans n’ont qu’entre neuf mois et deux ans d’avance sur les Français du même âge, selon les matières évaluées — et aucune sur les Finlandais qui consacrent moins de temps aux études que les Français.

Après le graal de l’entrée à l’université, les jeunes Coréens se relâchent complètement. Ils font tout pour rattraper le retard pris dans les autres domaines : sports, loisirs, voyages, relations amicales et amoureuses… En conséquence, au moment où ailleurs on s’implique plus pour acquérir une formation professionnelle, les Coréens se laissent aller et sont très difficiles à motiver.

L’éducation est donc une question hypersensible en Corée. L’unanimité existe sur la nécessité de changer ce système mais les opinions divergent et même s’opposent franchement sur ce qu’il faudrait faire.

Un instituteur m’a écrit qu’on cherche à réformer le système par le bas alors que l’objectif final reste la réussite aux examens d’entrée à l’université. Il pense que, tant qu’on restera sur cette position, les réformes seront inefficaces. Je crois qu’il a raison.

Post-Scriptum

Une jeune femme Coréenne, Jae-Eun, a souhaité me rencontrer pour corriger quelques erreurs. En fait, elle n’avait qu’une critique mais qui lui tenait visiblement à cœur : elle trouvait cet article [2] trop indulgent avec les professeurs.

Elle n’a conservé que de mauvais souvenirs de sa scolarité. L’école primaire était mortellement ennuyeuse. Comme elle était la chouchoute des enseignants, il ne lui est rien arrivé personnellement de désagréable et ces derniers lui demandaient souvent de les aider. Elle a pu voir de près la dureté et la méchanceté des professeurs. Ils étaient censés être justes ; ils maltraitaient les enfants. Ils les giflaient, ils les frappaient à coups de bâton.

Pourquoi ? Parce qu’ils étaient en colère, parce que les élèves bavardaient, parce qu’ils somnolaient, parce qu’ils venaient de familles pauvres. C’était toujours les mêmes enfants qui étaient battus, jour après jour.

J’écoute Jae-Eun qui souffre encore de ces souvenirs et je suis impressionné. Il me semble impossible que l’école soit aussi noire. Je demande à la jeune femme de se remémorer trois souvenirs agréables. Jae-Eun est catégorique : elle n’a gardé aucun bon souvenir de sa scolarité. J’insiste. Le simple fait de rencontrer ses camarades devait être plaisant ! Mais, mes amis étaient mes voisins, dit-elle. Le fait de les rencontrer n’était aucunement lié à l’école.

Je tente autre chose : la musique, le sport, le dessin… Impossible d’en garder un bon souvenir, rétorque Jae-Eun : tout était noté. On ne faisait jamais rien pour le plaisir.

Notes

[1] Les propriétaires de cours parallèles s’y opposent en déclarant que la Corée deviendrait un pays absurde si la police empêchait les étudiants qui le veulent d’apprendre davantage.

[2] lu dans sa traduction en anglais

6 Messages de forum

  • Tristes explications 27 février 2010, par Stéphanie Fontdecaba

    Que cette réalité est triste ! Je suis très déçue de ce que vous nous relatez là. J’avais l’espoir que les pays ayant les meilleurs résultats aux évaluations PISA pourraient nous montrer le chemin… enfin la montreraient à nos dirigeants. La vie des élèves coréens est un enfer ! Je trouve désormais que nos petits français sont bien chanceux… J’espère que ceux qui nous gouvernent n’iront pas pêcher des idées là-bas !

    Merci pour cet article qui m’ouvre les yeux sur un monde inconnu.

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    • Des petits Français bien chanceux ? 9 mars 2010, par Rémi Castérès

      En Corée, il y avait environ 80% d’illettrés il y a seulement 60 ans. Les Coréens ont vraiment fait le choix de l’éducation et ils sont sortis du sous-développement. Cela permet de comprendre pourquoi ils tolèrent des choses qui nous semblent inadmissibles. Nous n’avons certainement pas de leçons à leur donner.

      J’ignore ou Xavier Darcos est allé pêcher ses idées, mais force est de constater des convergences entre ce qu’il a fait — et que poursuit Luc Chatel — et certaines pratiques coréennes :
      -  la qualité de l’enseignement public est fortement dégradée ;
      -  un enseignement parallèle privé se développe rapidement avec la bénédiction du gouvernement ;
      -  l’existence même de cet enseignement parallèle payant et le fait que la moitié de son cout soit pris en charge par l’État sous forme de réduction d’impôts directs (ce qui a pour conséquence que seules les familles les plus pauvres payent plein but) renforce la reproduction sociale ;
      -  les rythmes biologiques des enfants ne sont pas respectés (semaine de quatre jours).

      Quand je songe à deux autres caractéristiques de notre pays, l’affaissement de la démocratie et les progrès de la corruption, l’avenir de nos petits Français « bien chanceux » me semble sérieusement compromis.

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  • L’école en Corée 27 mars 2010

    L’égalitarisme officiel multiplie les inégalités au lieu de les réduire, il encourage le recours au privé. En France les inégalités entre établissements n’ont jamais été aussi fortes. Le problème est que les pays se copient sans examiner véritablement ce qui se passe réellement ailleurs (voir l’article de N. Bulle, il me semble qu’elle décrit bien les points forts et les points faibles du système est-asiatique). La situation est dramatique en France, surtout dans les zones difficiles. Si vous avez un peu de temps, écoutez le témoignage du professeur Segal (L’élève Mohamed est-il coupable ?), cela évitera peut-être à la Corée de s’inspirer de l’exemple français !!! : http://www.lire-ecrire.org/lassocia…

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    • De la Corée, on passe aux collèges français... 27 mars 2010, par Rémi Castérès

      J’ai écouté et je recommande l’écoute à ceux qui ne savent pas comment ça se passe dans les collèges des quartiers pauvres — dans les quartiers plus aisés, les enfants sont presque autant dégoutés d’apprendre, la passivité remplaçant la violence.

      Mais ce n’est pas le collège unique dénoncé avec véhémence par Michel Segal qui est le coupable. En Finlande, les élèves suivent un tronc commun jusqu’à l’âge de seize ans et ils réussissent bien mieux que les Français, sans injustice et sans punitions. Le but de ce site est de montrer que d’autres choix sont possibles.

      Que Michel Segal veuille sélectionner dès l’entrée au collège et même avant me fait froid dans le dos. J’ai eu dans ma classe des enfants “surdoués” et des enfants handicapés. Tous réussissaient parce que mon but était que chacun progresse, pas qu’ils arrivent tous au même point, et je ne travaillais pas pour eux, mais avec eux.

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      • Face aux problèmes du collège, il y a bien sûr des solutions autres que la sélection précoce. Mais ce qui fait froid dans le dos, c’est la destruction des enfants décrite par le professeur Segal. A ce sujet, la Finlande retire les élèves en difficulté des cours où ils ont le plus de problèmes pour les prendre en charge spécifiquement.

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  • L’école en Corée 2 juillet 2010, par Un Français vivant en Corée

    J’ai lu avec intérêt le document que vous avez écrit sur l’école en Corée, et plus encore le terrible témoignage de cette jeune Coréenne, tout cela me semble hélas tout à fait exact.

    J’ai repensé à votre recherche en lisant un article hier : d’après un récent sondage fait par l’UNICEF, les enfants coréens seraient les plus malheureux parmi ceux des pays membres de l’OCDE… Et l’article cite comme causes le système éducatif trop rigide, les examens trop stressants, un système absurde qui fait que l’on rate sa vie si l’on ne rentre pas dans la bonne filière, dans la bonne université, etc.

    Un couple franco-coréen de mes amis avait choisi de mettre leur fille à l’école coréenne (il n’y a pas d’école française ou internationale à Daegu), cela a été très dur pour elle, d’autant plus qu’elle ne suivait pas de cours privés dans des instituts le soir, elle se trouvait donc à la fois stigmatisée du fait qu’elle était métisse et en retard par rapport à ses camarades : le plus souvent, à l’école, on révise ce que l’on a vu en cours privé ! En septembre dernier, elle est rentrée en 6e dans le système français à Séoul et est beaucoup plus épanouie maintenant. Il va sans dire que toutes ses prises d’initiatives étaient mal vues puisque l’école coréenne n’encourage pas les enfants à prendre la parole, à imaginer, à réfléchir, etc. Dès le CP, on l’avait trouvée "bizarre" car elle avait écrit une poésie sur les spaghettis, alors qu’on lui demandait un travail tout bête de recopiage.

    Pour ma part, je retrouve ce problème avec mes étudiants : Ils peuvent mémoriser, faire des exercices de grammaire tout bêtes mais dès qu’il s’agit d’imaginer la fin d’un phrase, par exemple, ça coince : je faisais lundi un exercice sur le futur, il fallait compléter la phrases "Un jour, peut-être…" avec un verbe au futur, eh bien ils ont eu beaucoup de mal. Mais réciter par cœur un verbe au futur, ils savent. Et ils sont peu motivés, sachant qu’ils sont dans une filière peu prestigieuse, dans une université de province : s’ils avaient eu de meilleures notes au lycée, ils ne seraient pas là.

    Cela dit, la semaine dernière, j’ai vu "Entre les murs" au cinéma. C’était terrible et émouvant, ça fait peur et ça m’a aussi redonné envie de travailler avec mes étudiants coréens si faibles mais tout mignons, tout gentils (j’avais reçu un yaourt la veille, en cadeau et pas dans la figure comme ce pourrait être le cas en France). Pas de problème de discipline ici, mais des retards ("Korean time"), un manque de concentration aussi dû à une addiction au téléphone portable et un comportement d’enfants de 12 ans alors qu’ils en ont plus de vingt…

    Bref, je ne sais pas si l’école idéale existe…

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