Alors qu’ils commencent leur scolarité primaire à seulement sept ans, les jeunes Finlandais de quinze ans obtiennent un score de 563 points en culture scientifique, soit 68 points de plus que les jeunes Français — c’est presque comme s’ils avaient étudié deux ans de plus. En compréhension de la langue, l’écart entre les Finlandais et les Français est d’un an et demi et c’est encore presque autant en culture mathématique.
Ces écarts sont importants et auront des conséquences sur l’avenir des sociétés concernées. La meilleure qualité de vie, tant en ce qui concerne les individus que leurs sociétés, est étroitement corrélée au niveau d’éducation.
Quand on leur en parle, la première idée qui vient aux enseignants français pour expliquer ces écarts est que la Finlande est un petit pays et que c’est plus facile que dans un grand. Un simple survol des résultats (voir les pages 66, 322 et 342 du rapport PISA 2007) montre qu’il n’y a aucune corrélation entre la population des pays et le niveau des élèves. D’ailleurs, la Norvège et la Suède, qui ont la même situation géographique et une démographie similaire, n’obtiennent pas les mêmes résultats.
La deuxième pensée — parfois la première — est une contestation de l’instrument de mesure. Même certains professeurs de mathématiques finlandais estiment que la façon dont sont posées les questions leur est favorable. Seulement, il n’existe aucune autre évaluation internationale de cette envergure et qui soit aussi consensuelle. Et, si l’on tient à regarder les lacunes de PISA, il convient de noter que tous les Finlandais de quinze ans ont aussi appris à l’école :
- à cuisiner ;
- à utiliser une machine à coudre ;
- à utiliser des machines-outils pour travailler le bois et le métal.
Il ne faudrait pas que les critiques qui pourraient être formulées à l’égard de PISA servent de prétexte pour enterrer notre problème.
D’ailleurs, quand on observe plus attentivement les choses, on constate que les pays qui ont obtenu les meilleurs résultats ont mené une politique délibérée d’amélioration de leur système éducatif et qu’ils ont misé sur l’intelligence, sur la compréhension. Par exemple, la Corée du Sud obtient aujourd’hui les meilleurs résultats pour la compréhension de l’écrit ; les autorités coréennes attribuent cette évolution à l’accent mis sur l’importance de l’expression écrite. L’admission aux universités accorde plus d’importance aux dissertations dans lesquelles les étudiants ont la possibilité d’exprimer leur point de vue (page 325 du rapport PISA). On notera que c’est exactement à l’opposé de l’orientation prise par monsieur Darcos qui voit la solution dans le par cœur et dans les exercices scolaires — et par monsieur de Robien avant lui.
L’Europe a donc la chance de compter le pays qui obtient les meilleurs résultats scolaires.
Libre à nous de nous en inspirer, en profitant ce cette relative proximité pour aller voir ce qui s’y passe — ce que j’ai fait en novembre 2008.