Introduction
Cette année, le Centre de Formation des Musiciens Intervenants de l’Université Lyon II a organisé le traditionnel voyage d’étude de ses étudiants en deuxième année dans les écoles finlandaises. J’ai eu la chance de faire partie de l’équipe des formateurs participant à ce projet et de visiter à cette occasion six établissements de la région d’Helsinki.
J’avais déjà, longtemps avant notre départ, rencontré un enseignant finnois, Timo Akkanen, et discuté avec lui et Rémi Castérès de la spécificité des différents systèmes éducatifs et des performances des adolescents aux évaluations PISA. J’arrivais donc avec un préjugé plutôt favorable, le projet d’éclaircir un peu le mystère de leur succès et l’espoir de rapporter en France quelques dispositifs innovants.
Je ne m’attendais pas à autant de simplicité dans l’acte pédagogique ni à découvrir que des conceptions qualifiées chez nous d’utopies étaient là-bas des réalités…
Je précise que mon intention n’était pas de comparer les pratiques de nos collègues finlandais aux nôtres. Cela n’aurait guère eu de sens vu la diversité des pratiques et des contextes de travail. La quantité de paramètres à intégrer rend cette analyse impossible dans le cadre d’un simple voyage d’études. Pourtant, si une comparaison terme à terme me paraît inappropriée car perdant de vue l’ensemble, il me semble également irresponsable de ne pas tenter de comprendre les différences de fonctionnements et de résultats. J’ai donc décidé d’observer, d’écouter et d’établir des liens de causalités pour comprendre ce qui se passait dans un temps et un lieu donné. J’ai ensuite cherché les invariants entre différentes situations d’enseignement, en math, en finnois, en musique, etc. C’est sur ces invariants, d’une école à l’autre, d’un niveau à l’autre, d’un enseignant à l’autre que repose ma réflexion.