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Vidéo Finlande (2) : une relation éducative apaisée

mardi 5 mai 2009, par Paul Robert

Une relation éducative apaisée IMG/flv/Relation_educative.flv

Punitions et sanctions existent en Finlande. Mais on y a recours avec une extrême parcimonie. Les problèmes de discipline, lorsqu’ils se présentent, sont réglés principalement par la discussion et l’explication. Même dans des contextes délicats, comparables à ceux de certaines ZEP françaises, on ramène les élèves agités au calme, sans élever la voix, sans menacer, mais avec douceur et patience. Car pour les finlandais, les problèmes de comportement sont avant tout des problèmes d’apprentissage qui ont une solution pédagogique. Les élèves difficiles sont avant tout des élèves en difficulté scolaire. Qu’on leur apporte l’aide et les encouragements dont ils ont besoin, et, dans la plupart des cas, tout rentre dans l’ordre.

13 Messages de forum

  • Vidéo : une relation éducative apaisée 5 mai 2009, par Stéphanie F

    Merci pour vos reportages, ils ont vraiment très enrichissants. Ils amènent un peu de sérénité dans notre contexte éducatif actuel plutôt chaotique. ça fait du bien de voir qu’il existe des possibles… Merci vraiment !

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    • Vidéo : une relation éducative apaisée 7 mai 2009, par Geneviève

      Je suis tout à fait d’accord. Pourtant chez nous, quand on fait preuve de patience et de douceur, on est vite taxé de laxisme et de faiblesse. Si juste derrière, un professeur ou un principal juge que la remise au travail n’est pas suffisamment rapide, il va agir par la force et d’une certaine manière complètement mettre à plat ce que l’on aurait pu commencer à obtenir. Nous avons une vision très coercitive de l’enseignement. Quand je regarde la Finlande, je rêve que sa réelle prise en considération des élèves comme des personnes entières soit appliqués chez nous. Tellement de souffrances scolaires pourraient être évitées de cette façon.

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      • Vidéo : une relation éducative apaisée 24 mai 2009, par Paul Robert

        Vous avez raison : on est vite taxé de laxisme lorsqu’on essaie d’avoir un autre regard sur les difficultés des élèves… Mais ne vous découragez pas et continuez d’agir comme vous le pensez juste. L’exemple finlandais montre qu’il peut y avoir d’autres réponses aux problèmes de comportement que les seules punitions et sanctions.

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  • Intéressant , certes mais on reste sur sa faim. On aimerait savoir de quels moyens ils disposent pour permettre une vraie mise au travail des élèves. On évoque la discussion avec les parents et l’exclusion temporaire, c’est peu. Quels personnels diponibles, quel temps pour qui …. ? Ce que je sais c’est que notre système a besoin d’une sérieuse mise à plat car rien , strictement rien n’est mis en place pour aider des gamins en souffrance de plus en plus nombreux. Seuls le professionnalisme de certains profs et la volonté de certains directeurs mais les premiers sont très mal formés et pas du tout concernant la communication et la gestion des difficultés relationnelles et les seconds ne peuvent compter que sur leur santé car leur métier est nié.

    Voir en ligne : i

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    • En Finlande la "vie scolaire" n’existe pas. Du coup ce sont les enseignants eux-mêmes qui contactent les familles dès le moindre écart. Un logiciel permet d’informer en continu les parents de tout problème : absence, retard, agitation, travail non fait etc… Chaque professeur l’utilise régulièrement. Le professeur principal, fait un bilan régulièrement et, si les remarques s’accumulent, peut convoquer la famille pour un entretien, éventuellement avec le principal. Les Finlandais misent beaucoup sur ces contacts avec les familles. La notion de coéducation est chez eux très forte. Ils savent bien que sans l’appui de la famille on n’arrive pas à grand chose.

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  • beaucoup de bonnes intentions.mais combien d’élèves par classe ? Quelles méthodes pédagogiques ? à part la douceur ?

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  • Bonjour,

    Merci pour ce travail, très intéressant. Quelque chose me chiffonne cependant chaque fois que l’on parle de la Finlande. J’ai l’impression que le nombre d’élèves par classe est extrêmement faible. Peut-on transférer de telles méthodes dans des classes de 20 élèves voire plus ? L’élévation des moyens en France n’étant pas à l’ordre du jour…

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  • bonjour,

    mes enfants sont scolarisés en Finlande et je peux ainsi vous apporter mon témoignage de parent. Mes enfants ont toujours été dans des classes dont les effectifs tournaient autour de 24 élèves. Nous sommes dans l’agglomération d’Helsinki et je pense pouvoir affirmer qu’il s’agit là d’une moyenne pour la capitale. Ailleurs en Finlande, le nombre d’élèves par classe est souvent inférieur à ce chiffre, tout dépend bien sûr du budget dont dispose l’école.

    L’enfant en difficulté est en effet très tôt pris en compte. Un soutien lui est proposé dès le départ. L’une des philosophie du système consiste à prévenir plutôt que guérir. Ainsi, le rythme d’apprentissage en primaire est très lent si on se réfère au rythme imposé en France. Puis le rythme s’accélère au fil des classes de sorte qu’à la fin du collège le niveau en France et en Finlande est comparable. Avant d’aller trop vite dans les programmes, on essaie de s’assurer que les élèves ont bien intégré les acquis fondamentaux.

    Le collège est un défi car c’est à ce stade que les problèmes d’autorité s’installent alors que les élèves entrent dans l’adolescence. Je peux témoigner d’un systeme extrêmement souple où là encore on tente de répondre à ce mal-être de facon individuelle. Les parents sont systématiquement contactés par email au moindre soupcon de "dérive", que cette dérive soit liée au travail scolaire non fait, aux absences inexpliquées, à l’usage de cigarette, de drogue ou d’alcool, à un comportement agressif… et je ne sais quoi encore. Les solutions qu’on tente d’y apporter sont alors très variables et au cas par cas.

    Un exemple : mardi dernier mon fils de 14 ans est allé au collège tout à fait normalement - un contrôle de physique était prévu en fin de journée. En pleine journée il m’appelle pour me dire que ca va pas du tout : toute la journée, il était extrêmement énervé, prêt à "casser la gueule" (ce sont ses propres termes !) à tous ceux qui lui adressaient la parole" et que les copains avaient tendance à le "chercher" etc, etc… il m’a demandé alors s’il pouvait rentrer à la maison pour se calmer. J’ai accepté mais dans le même temps ai contacté le responsable de classe pour lui demander si c’était ok. Sa réaction ne s’est pas fait attendre : " c’est très bien qu’il ait pris conscience de son "état" d’énervement et qu’il ait lui-même voulu rentrer chez lui pour se calmer. Il pourra passer le contrôle la semaine prochaine lors des séances de rattrapage. Pensez-vous qu’il faille en discuter avec votre fils pour savoir si d’autres choses plus graves se sont passées ?"

    … comme je disais une grande souplesse… Dans cet exemple précis, c’est moi qui ai pris contact mais dans bien d’autres situations, c’est l’école qui fait le premier. Via leur site internet, je peux suivre au jour le jour, heure par heure, ce qui se passe à l’école. C’est vraiment bien !!!

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  • Pourriez-vous me dire comment se passe l’ensemble de la scolarité en Finlande, nous avons une idée du tronc commun proposé mais après il y a-t-il un choix des enfants, des parents où d’une autorité qui "guide" les choix d’avenir professionnel ?

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    • A la fin du collège, les élèves peuvent choisir de poursuivre au lycée ou d’aller dans une filière professionnelle. De nombreuses passerelles existent entre ces deux systèmes. Néanmoins l’entrée au lycée est sélective et se fait sur la base des résultats obtenus à la sortie du collège ! Il existe un système de ranking avec des lycées super cotés et d’autres moins bien réputés….

      Il existe aussi beaucoup de lycées spécialisés dans un domaine spécifique : musique, danse, théâtre, arts plastiques, journalisme, recherche scientifique, sport. Ils proposent tous un aménagement du planning en fonction de ces spécialités pour permettre à chacun de s’entrainer/ pratiquer etc. Ces horaires sont extrêmement souples, c’est l’avantage du système.

      Le lycée est aussi d’une grande souplesse : les élèves peuvent accomplir le lycée en 2, 3 ou 4 ans. Chacun choisit son rythme. Les épreuves du bac peuvent être passées en 1, 2, 3 voire 4 parties !!

      Les filières professionnelles ont connu ces derniers temps un regain de popularité. Beaucoup d’élèves cependant souhaitent continuer au lycée pour avoir leur bac.

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  • Vidéo Finlande (2) : une relation éducative apaisée 23 mai 2009, par Jean-Pierre Fournier

    Les vidéos sont un utile complément du livre. Comme d’autres, je souhaiterais en savoir plus, notamment pour ce qui est du cadre culturel global (culturel au sens de manière d’être, pas au sens "cultivé" du terme). Qu’en est-il de l’éducation familiale ? Y a-t-il plus de place pour la discussion qu’en France ? Les coups sont-ils aussi ou moins fréquents (par exemple fessée pratiquée par les trois quarts des parents chez nous) ? Qu’en est-il spécifiquement pour les garçons ? Relations aux filles, modèles ? Sans diminuer le mérite de l’expérience finlandaise, et l’engagement de ces collègues convaincus et convaincants, je me demande si ça ne "passe" pas mieux parce que le cadre général de valeurs autorise plus aisément une éducation de la persuasion que notre éducation par la contrainte. Je ne dis pas qu’il n’y a rien à faire dans ce sens ici (j’essaye tous les jours, comme d’autres) ; seulement que c’est sans doute bien moins évident.

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    • L’éducation familiale est assez différente entre nos deux pays. En Finlande les enfants sont amenés à se débrouiller assez tôt tout seul - dés l`âge de 7 ans - car dans la plupart des familles les deux parents travaillent à plein temps. En pratique, cela signifie que les enfants font le trajet maison-école-maison tout seul, qu’ils se préparent le goûter tout seul… pratiquement tous les enfants se promènent ici avec la clé de la maison autour du cou. Les familles monoparentales sont aussi nombreuses.

      Les relations parents-enfants varient bien sûr suivant les familles mais je dirais que dans l’ensemble il existe moins de communication enfants-parents qu’en France. Disons que jusqu’à l’âge de 12-13 ans, on "échange" encore puis brutalement - à l’adolescence - on observe une rupture : les ados font un rejet des parents et ce phénomène est, je trouve, assez impressionnant… ils préféreront marcher tout seul pendant une demi-heure par - 20 C, plutôt que d’accepter de se faire accompagner en voiture bien au chaud sans se fatiguer… la crainte de passer aux yeux des copains pour un "bébé" est trop forte ;-)

      Du coup, c’est au collège que la séparation parents-enfants se fait. Au point de passer les weekends chacun de son côté. Les parents vont à leur petite maison de campagne, les enfants restent en ville pour voir les copains.

      Dans ce contexte, les parents n’ont guére d’autorité. Par ailleurs en Finlande toute punition physique est exclue et considérée comme de la maltraitance (La fessée ou la gifle par exemple). ce qui ne signifie pas pour autant que la violence n’existe pas - notamment l’alcoolisme est un problème assez répandu dans ce pays.

      Comme on le sait bien, les filles sont plus consciencieuses, plus obéissantes et moins turbulentes, plus "mûres" que les garcons ne serait-ce qu’au collège…. néanmoins, mon expérience personnelle me permet de dire que les enseignants tentent de prendre en compte ces différences dans leur enseignement. J’ai eu moi-même une fille et un garcon scolarisés dans le système et j’ai donc une expérience personnelle et un avis qui reposent sur du vécu ;-)

      Au même âge, vers l’âge de 10-11 ans ma fille était beaucoup plus mûre que mon garcon. Elle avait d’excellents résultats scolaires et, je pense que si elle avait été en France, les professeurs l’auraient poussée conformément à la pensée un peu élitiste du système. Ici, rien de tout cela, on ne pousse pas… on attend d’être arrivé au niveau du lycée.

      En comparaison, mon garcon, au même âge, était encore trés immature : avec des difficultés pour se concentrer, l’envie de jouer, de bouger… pour les enseignants ceci n’était pas un problème : c’est au système éducatif de s’adapter au rythme de l’enfant, non le contraire. Si l’enfant n’est pas "prêt" biologiqement pour apprendre la géométrie ou la grammaire, ce n’est pas grave…. on attendra qu’il soit prêt.

      Dans le système francais, il aurait été considéré comme un élève en difficulté et en retard sur ses camarades. Ici, rien de tout cela. Actuellement, malgré sa crise d’adolescence, il se débrouille pas mal en classe. ses devoirs il les fait tant bien que mal et les professeurs se montrent trés compréhensifs. Et je leur tire mon chapeau !

      Et je vous avoue que personnellement, je suis profondément reconnaissante envers ce systéme éducatif qui respecte les enfants pour ce qu’ils sont dans leur différence.

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